La canne de Provence : réactivation d'une ressource méditerranéenne pour une architecture et un design écologiques
Arundo donax L., communément appelée canne de Provence, prolifère le long des cours d'eau, des friches et des bordures routières du pourtour méditerranéen. Classée parmi les espèces invasives, elle est aujourd'hui perçue comme une nuisance écologique, menace pour la biodiversité endémique et marqueur d'une gestion territoriale déséquilibrée. Cette perception contemporaine occulte cependant une réalité historique plus nuancée : implantée depuis plusieurs siècles dans le bassin méditerranéen après son introduction depuis l'Asie, cette plante a longtemps constitué une ressource matérielle structurante pour les sociétés locales, exploitée pour la fabrication d'objets domestiques, d'éléments architecturaux — cloisons, faux-plafonds, coffrages de voûtes — et d'outils agricoles. Son déclin, consécutif à l'industrialisation du XXe siècle et à la disparition progressive des circuits artisanaux, a entraîné une double perte : celle des savoir-faire traditionnels associés, et celle d'une régulation anthropique qui maintenait un équilibre dans son développement. La recherche menée par l'Atelier MARE postule que cette plante mal-aimée peut redevenir un levier d'innovation écologique, à condition de réinventer ses usages contemporains et de structurer une filière responsable mobilisant l'ensemble des acteurs du territoire.
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